La candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly a dénoncé sur Radio Orient le rôle du ministre de l’Intérieur dans l’assaut contre le tueur Mohamed Merah à Toulouse, y voyant « une violation du code de procédure pénale ». Pour l’ancienne juge d’instruction, le rôle du ministre « créé la suspicion sur le mode d’interpellation choisie », elle s’est ensuite demandée si cela ne relève pas d’une « forme de mise en scène. »
« Qu’a fait le ministre sur place en commentant en permanence, heure par heure, ce qui se passait ? Il a créé de la confusion. Quel est son rôle ? Ce n’est pas lui qui dirige les opérations! C’est une violation du code de procédure pénale ! ». Selon elle, « ces opérations auraient dû être dirigées par un juge, à l’extrême limite par le Parquet », a-t-elle indiqué.
« J’ai été magistrate pendant plus de vingt ans (…) J’ai eu à faire face à des prises d’otage. Et j’ai appelé le Raid ou le GIGN. Je connais leur pertinence, je sais qu’on peut leur faire confiance, mais c’était moi qui dirigeais les opérations et non pas le ministre », a argumenté Eva Joly.
Pour la candidate d’EELV le rôle du ministre « créé la suspicion sur le mode d’interpellation choisie ». « Les citoyens peuvent se demander pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas choisi d’interpeller Mohamed Merah lorsqu’il sortait de son immeuble et qu’il prenait son scooter ? On aurait peut-être pu le faire avec beaucoup moins de déploiement de moyens. Est-ce qu’il n’y avait pas là une arrière-pensée politique ? », a-t-elle demandé.
Par ailleurs et dans le cadre de son programme pour la présidentielle, Eva Joly s’est prononcée d’abord pour la création d’un « Ministère de justice territoriale » afin de rompre les barrières et l’isolement des quartiers populaires. Elle a ensuite annoncé la mise en place d’une allocation d’autonomie d’une valeur de 600 euros destinée aux jeunes de 16 à 25 ans pour la réalisation d’un projet.
Enfin et pour réussir l’intégration des immigrés, la candidate d’EELV a proposé un modèle de «discrimination positive » en matière d’emploi, comparé à celui de « la parité homme/femme». Ceci pour que les enfants d’immigrés, à compétence égale, puissent avoir accès à l’emploi comme le reste de la population.