Une étude peu reprise par les médias montre une première estimation du mal réalisé par le Médiator sur la société : 3100 hospitalisations et au moins 1300 morts en France entre 1976 et 2009.
Eva Joly, candidate écologiste à l’élection présidentielle, déclare : « L’affaire du Médiator, comme l’affaire du sang contaminé il y a 20 ans, touche le cœur du système de santé de la France. Quand les chercheurs se demandent encore comment ce scandale a pu exister sur une si longue période, j’oppose la proximité délétère des lobbys pharmaceutiques au Sénat, à l’Assemblée, dans les cabinets ministériels ou les agences de l’Etat. Ce qui m’indigne, c’est que cette actualité, symbole d’une préférence commerciale face à l’intérêt général de la santé des Français, ne soit pas plus reprise par les médias.
Au-delà de la dénonciation, je propose de mettre un terme à la connivence entre expertise technique et intérêts industriels et de donner naissance à une véritable démocratie sanitaire décentralisée. Il faut confier un réel pouvoir de gestion à des organisations d’usagers, leur offrir des moyens de représentation et d’expertise pour en finir avec cette logique purement commerciale mettant en danger la vie de chacun. »
Bravo pour cette prise de position. On pourrait aller plus loin, faire de la question de la santé un axe de cette campagne : les Français ont le droit de savoir qu’on les empoisonne et qu’il est possible de faire autrement
– pour contrôler et évaluer les médicaments (et mieux rembourser les plus utiles et les génériques)
– pour améliorer la qualité de l’air, de l’eau, sans oublier les risques du nucléaire.
Ce thème de la santé et de l’environnement ne me paraît pas assez mis en avant par les écologistes français – pourtant ici aussi il y a un gisement d’emplois potentiels, tant les secteurs où il faudrait agir – énergie, transports (y compris la réduction des circulations à moteur : automobiles et 2 roues dans les villes), alimentation, etc.
N’est-ce pas plus important au fond, pour nos concitoyens, que la question du changement climatique qui a priori ne peut dépendre que d’une décision internationale, d’une gouvernance mondiale ? (elle aussi nécessaire, bien sûr).