Comment sortir de la précarité énergétique
Alors que la France bat des records de froid et de consommation d’énergie, Eva Joly, candidate Europe Écologie Les Verts a souhaité tenir son premier meeting de campagne à Roubaix afin de présenter le volet social de son Pacte écologique et d’illustrer ses réponses à la précarité énergétique, à la crise de l’emploi et au défi climatique.
Avec le plan de réhabilitation et de rénovation de 100 000 logements d’ici 2014, le Nord-Pas-de-Calais, démontre encore une fois, la capacité des élus écologistes à porter de grands projets liant le social, l’économique et l’environnemental. L’écologie opérationnelle et populaire existe, elle répond aux besoins des plus démunis et de tout un chacun, elle crée de l’emploi, elle permet les économies d’énergie, elle améliore le confort et la santé, elle préserve l’environnement.
Contexte
Le Nord-Pas-de-Calais compte 1 750 000 logements dont 80 % ont été construits il y a plus de 20 ans. L’essentiel de ce patrimoine bâti géré pour 20 % par les bailleurs sociaux est détenu à 80 % par des propriétaires privés. La consommation énergétique moyenne d’un logement régional se situe à plus de 300 kWh/m².an dépassant souvent les 600kWh/m².an.
Une famille sur 4 en région est en précarité énergétique, c’est à dire qu’elle consacre plus de 10 % de son budget pour l’énergie.
Ce parc de logement correspond à plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre.
Dans la continuité du programme ANRU (le Nord-Pas-de-Calais fut le plus exigeant thermiquement), le plan 100 000 logements c’est :
- L’accélération du nombre de réalisations
- L’amélioration de la performance environnementale et énergétique de ces réalisation, visant l’objectif Bâtiment Basse Consommation (BBC-104 kwh/m².an)
- L’accompagnement de la transformation de la filière économique sur le plan technique, technologique, de l’emploi et de la formation.
- La structuration de programmes d’actions ciblés garantissant une approche sociale croisant :
- Les typologies d’habitat : des aides différentes selon la date et les techniques de construction, et selon le statut du parc
- Les caractéristiques de l’habitant. Selon ses ressources et sa capacité à porter lui-même une partie de la réhabilitation, les aides différent
- Les territoires. Sont prises en compte la structuration locale du parc de logements, les formes urbaines et les stratégies locales
Une intervention publique en deux temps et à deux échelles
A/ Une action différenciée dans le temps
Par la mise en place d’un système de financement des travaux de réhabilitation thermique mobilisant le financement « indirect », sous forme de société de tiers investisseur proposant des garanties et prêts différenciés et générant des ressources par les économies d’énergie réalisées dans le logement social et dans le logement privé.
B/ Une action à l’échelle régionale et territoriale
Au niveau régional, c’est un « pacte régional » réunissant les acteurs régionaux (Etat, ANAH, ANRU, ARHLM, SOGINORPA, Départements, fédérations professionnelles du bâtiment, chambre des métiers…), dans une gouvernance spécifique, et un outillage adapté et négocié (protocoles d’accord selon les thématiques, communication, outils financiers – prêt Banque Européenne d’Investissement, mutualisation des Certificats d’Economies d’Energie (CEE)). Au niveau territorial, par la mise en oeuvre des conventions avec les territoires de projet et notamment les agglomérations, compétentes au titre des aides à la pierre et du développement économique.
Les premiers résultats
Logements
En 2011, dans l’habitat social, les opérations finalisées et certifiées représentent :
- 7200 logements construits ou rénovés au plan thermique et environnement
- 400 M€ de travaux générés
Pour la période 2012/2013, il a été décidé de programmer une deuxième tranche opérationnelle de 20M€ avec pour objectif d’inscrire la réhabilitation de plus de 5000 logements sociaux par an.
Formation éco-construction/éco-rénovation :
Salariés : 1320 salariés formés en 2010 et 2011 (80% issus de PME régionale)
Budget : 400 000€/an
Demandeurs d’emploi : 3500 stagiaires par an dans 47 organismes de formation répartis sur toute la région
Budget : 14 millions d’€ / an
Visite au café « Chez Salah »
La candidate a ensuite été au café « Chez Salah », rencontrer l’Union des Gens du Textile.
« Chez Salah » est le dernier « bistrot » ouvrier du quartier de l’Union. Lieu d’accueil historique de la plupart des piquets de grève et réunions syndicales/intersyndicales, il est aujourd’hui le symbole de la résistance du pot de terre contre le pot de fer. Menacé d’expropriation dans le cadre du projet d’aménagement du quartier de l’Union, et finalement conservé suite à l’abandon de la procédure par l’opérateur, le bistrot, et le parvis qui sera réalisé devant, deviendront l’une des entrées d’un parc bord à canal porté par l’Espace Naturel Lille Métropole.
Anciens de la Tossée : Avec la fermeture définitive de l’usine de la Tossée, en 2005, s’est créée l’Association des anciens Salariés du Peignage de la Tossée (AASPT) qui regroupe environs 100 personnes.L’association s’engage dans différentes actions de solidarité locale et internationale. Elle apporte un soutien individuel dans l’accès à l’emploi et aux droits. Elle réalise des interventions dans les écoles et les centres sociaux pour raconter la vie, les différents métiers de l’industrie textile. Enfin, elle organise différentes manifestations pour gagner plus de reconnaissance sur son action auprès de la population mais aussi des décideurs politiques et économiques.
L’UGT : l’union regroupe 200 personnes, principalement des anciens syndicalistes (CGT, CFDT, CFTC, FO, CGC…) des grandes unités textiles du secteur touchés par la délocalisation du textile (Paul et Jean Tiberghien, St. Lievain, Caulier Delahoutre, Filature Desurmont et Teinturerie des Frans à Tourcoing, Phildar, Damart…)
L’UGT, coopérative d’économie solidaire, propose de relocaliser une activité de production textile avec des activités périphériques qui puissent en faire un lieu de vie et d’échanges identifiable. L’UGT en sera l’ensemblier garante de l’éthique (sociale et environnementale) et de la cohérence du projet global. Chacun de ces projets sera construit en parallèle, avec des porteurs de projets identifiés impliquant des « gens du textile ». Le site de la Tossée est aujourd’hui au coeur du grand projet d’aménagement de l’Union labellisé à la fois « pôle de compétence textiles innovants » et « écoquartier ».
Pour en savoir plus :
- Article de Nord Eclair : Les anciens salariés veulent surtout une Scop avec une ligne de production
- Union des gens du textile après « l’appel du 18 juin 2011 »
- Éternel salarié de la Tossée, Bouzid Belgacem prône la solidarité
- Bouzid Belgacem, une vie à la Tossée
- Union des gens du textile : l’appel à la solidarité de Bouzid Belgacem